Le beaujolais, bonne ou mauvaise idée ?

Le beaujolais, bonne ou mauvaise idée ?

beaujolais

Comme le rosé, le beaujolais a une réputation qui n’est pas toujours à la hauteur de son niveau. Certains abus dans la médiocrité ont entraîné une sorte de mise au placard qui occulte malheureusement les nombreuses qualités que l’on peut trouver dans ce vin nouveau. Car oui, il s’agit d’un vin primeur qu’il est inutile de vouloir comparer à un vin de garde. Ses atouts sont ailleurs, ses qualités sont spécifiques et réservent chaque année à l’amateur son lot de (bonnes) surprises.

Une mauvaise réputation

Issu d’un petit vignoble de 22 000 ha, le beaujolais nouveau tire chaque année à 30 millions de bouteilles. Originaire d’un sol calcaire, il n’attend pas le vieillissement pour atteindre la maturité. Aussitôt vinifié, aussitôt mis en bouteille, deux mois suffisent pour en permettre la dégustation. Nous obtenons ainsi un vin souvent tannique. Ce fameux goût de banane (de plus en plus rare) provient des levures sèches permettant l’accélération du processus de vinification.

La mauvaise réputation de ce vin est battue en brèche depuis quelques années grâce à l’attention toute particulière qui lui est donnée pour en faire un breuvage d’exception. Maintenant, on trouve des beaujolais primeurs qui, élevés sous un ensoleillement de plus en plus important, offrent un vin charnu, d’un très bel équilibre gorgé de multiples arômes.

L’aspect éphémère, souvent festif, a cantonné cette vinification particulière au second rang, ce qui est en train d’être réparé, en partie grâce à de jeunes producteurs soucieux de ne pas ternir la réputation des crus de beaujolais en général. Aujourd’hui on veut boire du beaujolais parce qu’il est bon, et non comme le produit d’une mode.

Des exceptions qui dérogent à la règle

D’ailleurs, il n’est plus obligatoire de boire ce vin dès l’instant où il vient d’être mis en bouteille. Les spécialistes prétendent qu’il est encore meilleur lorsqu’il est dégusté au printemps suivant le 3ème jeudi de novembre. En réalité, si le beaujolais nouveau n’est pas « travaillé » pour être conservé pendant longtemps, il peut révéler des aspects très intéressants après plusieurs mois d’attente, jusqu’à une année.

Il est vrai que les médias et les systèmes de commercialisation sont focalisés sur une période bien définie, mais force est de constater que le beaujolais peut aujourd’hui parfaitement trouver sa place, parfois avec bonheur, durant les longs mois qui suivent sa vinification, la preuve avec Le Petit Ballon qui propose un délicieux beaujolais « 69 » 2014.


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